Source: https://www.latribune.ca/ | SIMON ROBERGE 9 avril 2021 |  Un marché fou

Sébastien Ferland et sa copine regardaient les maisons depuis quelques années, sans vraiment être pressés de devenir propriétaires. Ils ont toutefois appris que leur famille allait s’agrandir en janvier. La recherche d’une maison s’est donc accélérée... pour foncer tout droit dans un mur.

Ils ont annoncé à leur propriétaire qu’ils quittaient leur appartement et ont commencé à regarder les maisons tous les jours. Ils souhaitent déménager à Weedon pour se rapprocher du travail de Sébastien et de la famille.

« On regarde partout Centris, Dupropio, LesPAC, etc. On fait aussi du porte-à-porte parce que dans un village ça se parle. »

Mais le couple se rend rapidement compte qu’il n’y a presque plus de maisons à vendre et que celles qui le sont sont hors de prix.

« Pour donner un exemple, on a su en février qu’une maison à Weedon allait être mise en vente au mois de mars, explique Sébastien Ferland. Le propriétaire demandait 190 000 $ et je me suis dit que j’allais négocier un peu donc je lui ai offert 174 000 $. Je pensais qu’il allait arriver avec une contre-offre, mais pas du tout, il a dit qu’il n’était pas négociable. Et là, il vient d’afficher sur DuProprio à 210 000 $ et il y a deux personnes qui se battent pour l’avoir. Ça n’a pas de bon sens, on est à Weedon. Pas plus tard que l’an passé, ça se vendait au prix de l’évaluation et même plus bas. Avant, il y avait une dizaine de maisons à vendre, en ce moment il n’y a plus rien. »

Sébastien ne veut pas non plus prendre le risque de surpayer une maison pour ensuite voir le marché se stabiliser ou même redescendre.

S’il ne réussit pas à trouver une maison dans les prochaines semaines, le couple quittera donc son logement et ira habiter chez la belle-mère de Sébastien à Weedon.

« Mon plan, c’est que si on ne trouve rien en août, on va essayer de se trouver un autre appartement. Mais les prix pour les appartements ont monté en débile aussi... On veut juste un petit terrain et quelque chose à nous ».

 
Sébastien Ferland

23 visites et une tempête de neige

Roxanne Brochu et son copain ont commencé à chercher une maison au mois de décembre. Plus de 20 visites plus tard, c’est un énorme coup de chance qui leur a permis de faire l’achat d’un jumelé sur la rue Paul-Gagné à Sherbrooke.

« On avait visité la maison voisine et l’agent a appelé pour nous dire qu’il y en avait une autre à vendre sur la même rue et qu’elle n’était pas affichée, mentionne la jeune femme. Elle allait l’être le lendemain. On est allé visiter le soir et on a fait une offre avant qu’elle soit mise en vente. On a fait l’offre le vendredi et le propriétaire avait jusqu’à dimanche pour nous répondre. Cette fin de semaine là il y a eu une tempête de neige. Il n’y a eu environ que quatre visites alors qu’habituellement dans ce secteur ça explose. La courtière a été gentille de nous avertir. C’est un gros coup de chance. »

Le couple avait visité plusieurs maisons, sans jamais être en mesure d’en acheter une.

« Souvent par exemple on réservait une visite le lundi pour le mercredi. Le lundi, il n’y avait aucune offre sur la maison et le mercredi, notre agent nous appelait pour nous dire qu’il y avait déjà cinq offres. Il y a eu de la surenchère sur toutes les maisons, dont une qui était vraiment mal en point. Il aurait fallu tout arracher et il y a eu de la surenchère... ça donne une idée du marché. »

 
Roxanne Brochu

Rénover au lieu d’acheter

Le peu de maisons sur le marché fait aussi en sorte que le choix pour les familles nombreuses est encore plus limité qu’il ne l’est habituellement. Le Sherbrookois Jean-François Dion, sa copine et leurs trois enfants ont, à cause du marché immobilier, mis leur projet de déménagement sur pause. Ils commençaient à être un peu à l’étroit dans leur jumelé, mais outre une maison où il aurait fallu tout refaire, rien ne correspondait à leurs besoins. 

« On est peut-être tatillon, mais on n’a rien vu qui convient, admet M. Dion. On n’est pas une unité familiale standard et souvent il y a trois chambres, mais il nous en faut quatre. Parfois, c’est l’inverse et c’est trop grand. Il faudrait se construire, mais c’est très dispendieux et ça demande énormément d’énergie. »

Ils ont donc tout simplement décider de rénover au lieu de déménager.

« On a décidé d’investir pour se faire installer deux thermopompes et se faire poser une clôture, résume M. Dion. On va essayer d’aménager de l’intérieur. Je pense qu’on va réussir à être bien. »

 

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